jeudi 17 décembre 2009

Fini de déconner.

Chose incroyable, toujours sue mais jamais soulignée. Réfléchissons un peu.
Alors qu'on rappelle de plus en plus fréquemment le caractère moralement destructeur et d'ordre de l'homicide de l'alimentation traditionnelle française, et que par ce biais on en appelle de plus en plus à la morale pour revendiquer le végétarisme, il est important et somme toute quelque peu incongru de relever le simple fait que le végétarisme ou toute forme d'alimentation d'un être vivant ne peut se faire que par le meurtre d'un autre être vivant, qu'il soit animal ou végétal. C'est alors qu'on aperçoit les conséquences de cette affirmation : la mort et la destruction sont des valeurs inhérentes à celle de vie, de toute forme d'être.
Ainsi le nid de l'humanité ou de la vie, du sens de notre existence, "the meaning of life" pour certains, se base sur un intime rapport non seulement de destruction et de mort mais par conséquent de domination et de hiérarchie. Au-delà du principe de base et à consonance hiérarchique de la chaîne alimentaire, se dresse une noire notion de confusion de l'être et surtout du vivre ensemble, corrompus au même titre que l'égalité des être vivants.

Bordel, dès le départ on est baisés.

Peut-on étendre ce principe d'éternelle "destruction créatrice" pas réellement dans le même sens que Schumpeter néanmoins ici, au désastre environnemental que l'on affuble à l'humanité depuis quelques décennies désormais et qui s'est constitué dans une recherche éternelle du meilleur profit par l'homme et donc dans son projet de bonjeur pour tous? Car en effet, cette recherche qui est passé respectivement par le politique, l'économique ou encore le culturel se voit désormais tronqué de façon récurrente par l'épée de Damoclès que représente l'atteinte à l'intégrité de l'environnement qui s'est faite depuis deux siècles. Serait-ce le point d'orgue, l'image fondamentalement ultime du principal défaut originaire de la vie?

mardi 15 décembre 2009

Solitude

J'etais partis sur un post tentant de rendre compte d'une anecdote personnelle, mais je crois que j'ai pas le talent pour. Enfin quand j'ecris des histoires qui me sont entierement propre, du style un dialogue avec une personne lourde, voir sotte, ca rend mal. Tres mal.

Alors je vais plutôt vous faire part d'une idée générale, qui m'est poussée d'un coup d'un seul.
Bon tout ce qui suit retrace un peux ma réflexion, donc c'est personnel, donc c'est plein de 'je', donc c'est égocentrique et ca ne parle que de moi. Oui, c'est ainsi.
En fait j'étais sensé être intellectuellement occupé, mais disons qu'il était bien trop tôt pour ma cervelle embrumée, alors elle est parti en divagations.
C'est allé assez loin, jusqu'à une réflexion profonde sur la solitude (on s'en fout de comment; c'est vrai, si je te disais que ca partait de l'idée que je perdais tous mes proches dans la même seconde ca te ferait une belle jambe, d'un coup!) <= a noter: j'arrive tout de même a te dire comment c'en est arrivé la, et même a te convaincre qu'on s'en moque, pour pas que t'es a te le dire, ce qui minerait mon récit dailleurs.
Bon quelque soit le comment, la question est venue se poser: pourquoi la solitude? a quoi bon? Enfin... Certains ont l'air d'adorer, d'autre disent ne pas supporter, que c'est leur pire hantise. Alors finalement, que penser? Pour ma part, je pense que c'est pas si mauvais.

Faut que j'approfondisse, alors je vais le faire. Mais par contre, je préviens tout de suite, je rentrerai pas dans les extrêmes. Oui je suis peut être un mou, un faible, un 'je vais pas dans les extrêmes', mais ca permet de sortir moins de conneries.
Alors on va pas parler ici de solitude irréversible, ni de perte de proches, ni de rien de comme ca, le but n'étant pas de faire pleurer les chaumières.
Donc la solitude, soit. Ponctuelle. Comme ca, plus de bruits, plus personne, la solitude. Ponctuelle, mais prolongée; du reste: a durée indéterminée. Oui parce que si je t'enferme dans une pièce close et silencieuse, mais en te disant quand je viens te chercher, ce sera un jeu, une expérience. Si je te dis rien, tu vas te questionner.
Et c'est précisément la que j'aime ma solitude, car elle apporte quelque chose: la réflexion.
Un exemple très simple: tu as rendez vous avec quelqu'un. Celui-ci ne vient pas, ne répond pas. Tu te retrouves dans un état de solitude (tout a fait relatif, si ca se trouve ton rencard était dans un café, or-donc il peut y avoir du monde autour de toi), de désappointement, et tu ne sais pas si ca va durer, si tu dois partir, tu te demandes ce qui se passe, ou elle/il peut être passé, qu'elle/il fait vraiment chier, etc...

Et c'est une fois que j'ai écris tout ca que je me rend compte qu'il était trop tard pour tenter la réflexion, encore pire pour l'écriture.
Je m'arrête donc la; mais l'idée générale, enfin je crois, était: La solitude permet la réflexion. Bonsoir

lundi 14 décembre 2009

"T'es méchant." "T'es conne".

À peine arrivé, je suis la proie. La proie n'en est une qu'en présence du prédateur. Il était là, m'attendait. Ou devrais-je dire elle. À ce stade, mieux vaut se refuser toute forme de présomption hâtive. Je suis repéré. Cerné. Ce genre de prédateur si tu ne te jette pas droit dans sa gueule, te tuera à petit feu. Je me jette donc.
-"Salut!"
-"Salut! Desolé je te fais pas la bise je suis malade". Bon, ba je vais me relever alors(connasse). Je commence à me demander si l'abdication ne va pas être une forme de lente souffrance. "J'étais chez le médecin ce matin. Mais c'est bon en fait il m'a dit c'est juste un petit rhume, donc ça va. Mon père croyait que j'avais la grippe ! Alors que j'avais aucun symptôme, qu'il est bête, hu hu. Putain j'aime pas ce cours! (là y'a des paramètres auditifs grinçants que je ne peux transmettre, désolé d'avance). Putain j'ai galéré ce matin encore avec le métro et tout."
-"Hmmhmm". (AAAAAAHHH)
-"T'as fais quoi ce weekend? Moi je suis allé au cheval, mais fiou il faisait froid c'était vraiment trop chiant. Pis j'ai essayé de taffer mais bon au final j'ai rien foutu quoi, fait chier."
Le principe de base est que en fait, genre je la connais pas. Je lui ai parlé deux fois, et c'était ce genre de fois, tu vois la pertinence.
Et là, je me pose évidemment des questions. J'essaye tout naturellement le "hmmm" désintéressé mais ça ne marche foutrement pas, et sa voix stridente gonflée d'ennui me ronge le corps de parts en parts, la situation devient dramatique. Elle renchérit à chaque cri de désintérêt de ma part, comme me narguant, riant à gorge déployée de ma noyade assumée.
Que faire alors? Et si, à tout hasard, je prenait part à la conversation sur son lapin en appuyant sur l'importance de l'impact pré-adolescent sur la psyché d'un rongeur adulte? C'est un risque à prendre. L'instant peut être d'un ennui dantesque, mais au moins ça ne restera qu'un instant. En effet, elle peut se sentir submergée par le soudain intérêt de sa conversation, et ses compétences peuvent venir à manquer. Le risque serait celui du "hunhunhun (c'est un rire très gras que je tente d'exprimer ici, voire baveux, merci de votre compréhension) t'es un marrant toi" et qu'elle le répète à son conseil collégial de grosses connes qui lui servent de potes. Ce serait un échec cuisant.
Certains-je les déteste-répondent à ce genre de non-informations sous la forme d'une autre non-information qui peut ou non être reliée à la première. Exemple :
-"En fait y'a mon frère qui rentre pendant les vacances et comme on est vachement plus proches depuis qu'il est parti ba on va profiter de ces moments ensemble tu vois." (c'est typiquement le genre de choses qu'elle peut raconter à quelqu'un qu'elle vient de rencontrer, l'air de rien)
-"Ah ouais nan moi mon frère il a poterie pendant les vacances, il peut pas. Mais en même temps il habite chez moi donc je m'en fous un peu hihihihi".
La seconde personne n'a absolument rien écouté à la phrase de son interlocutrice (comment lui en vouloir...): en effet, pendant ce temps elle préparait sa phrase, basée sur le mot clé : frère. Il faut noter que c'est exactement le genre de réponse que la prédatrice tiendrait face à une autre prédatrice. En résulte une totale anti-conversation, mais personne ne semble dérangé par ce fait. Chacun en ressort content, satisfait d'avoir pu parler de sa vie de merde.
En conséquence, jamais je n'opterai pour cette option de faible. Et pis de merde, parce que finalement, ça reste une lente souffrance.

J'ai donc préféré opter-faiblement je vous le concède- pour la première solution, et comme vous l'imaginez bien, elle ne s'est pas lassée.

dimanche 13 décembre 2009

L'histoire d'un mec

Je connais un mec, il craint.
Il craint, c'est un fait; vous voyez, pour dire que quelqu'un craint, faut pas forcément se trouver supérieur, ni avoir une échelle des choses qui craignent, pour l'étalonner dessus.
Non, faut juste le regarder.
Donc ce mec craint. Enfin quand je dis ça, c'est pas méchant. Et le but de mon intervention n'est surement pas de le détruire, bien au contraire.
Alors je commence: voilà le type, un peu a la masse, un peu bancal, physiquement "pas comme les autres", n'ayant pas les même centres d'intérêt que tout le monde, n'ayant jamais vu Fight-Club (la honte!) et s'en foutant complètement, s'habillant n'importe comment... Jusque là, on pourrait juste croire a un hurluberlu.
Mais le problème c'est qu'en même temps d'être juste en apparence étrange, et bah le type il craint. Traine un peu avec lui, et tu verras la honte que tu te paye!

Dès que je l'ai rencontré, j'eus un sentiment étrange. C'était pas de la pitié, ni trop de la compassion.. J'appellerai ça de la motivation. Non pas celle de faire de lui quelqu'un d'autre, quelqu'un qu'il n'est pas, ou alors juste un poil pour que les autres se moquent moins.
Bon déjà faut vous le dire tout de suite, j'ai vaguement essayé, et on change pas quelqu'un comme lui. C'est pas un influençable.
Je me suis donné comme excuse pour avoir bonne conscience que "dans le fond, il a l'habitude, il s'en fout".
Donc le bon bougre a continué a se faire moquer sans arrêt.

Mais pourquoi on se moque de lui? Même si je suis le premier a me moquer des autres, et bah c'est un comportement que je ne m'explique pas. C'est pour nous rassurer? Ou bien juste pour rigoler? Ou juste par pure méchanceté?

Et je relance, et dix de der

"Ce prof en fait il a genre la Légion d'Honneur, trois doctorats et a bossé 5 ans avec Chirac." "Ah, ba maintenant que je sais ça je vais écouter un peu plus son cours!"
Donc en fait, tu me dis si je me trompe, non seulement tu respectes son cours qu'en fonction des médailles qu'il a, mais en plus toute la merde que t'as balancé sur lui depuis le début c'était sans même l'écouter? Connasse. C'est fou ce goût des titres, cette ambition de rat qui lèche à tout va rien que pour être un jour léché. Le reflet d'une société basée sur la compétition, le classement, la hiérarchie... et l'égalité? Lolilol. "Stick your medal in your ass!" disent certains ( http://www.myspace.com/burningheads ). Je ne saurai que les encourager! Bordel. Ça se voyait en plus qu'il était génial ce prof. Mais non, "il est trop hors-sujet", "il part trop en live", gnia gnia gnia... C'est sûr, un bon vieux prof vissé sur sa chaise qui te dicte un cours, ça te va bien hein. Comme ça, le plan il est bien claiiir et t'as pas besoin de réfléchir.. Fallait aller en prépa pour ça, en plus t'aurais pu te situer sur le classement de la classe, alors, heureuse?
Et là paf, le mec se révèle un poil bling-bling et tu l'adules.
Ça reflète aussi une société assez basée sur la méritocratie.. Comme la réflexion de haut vol du métro sur les éventuels mendiants : "j'aime bien quand ils font un truc, genre de la musique ou des trucs comme ça". Mais t'as cru c'était des singes? Tu donnes parce que t'es solidaire ou juste parce que le cirque te divertit? Et toi évidemment de me répondre en toute qualité d'agressé que tu es "mais c'est vrai, je préfère, sinon ils méritent pas forcément" dans une bonne intention bien sûr, tu veux faire de mal à personne. Un peu de respect bordel.




Qu'est ce que je fous là moi?

Si je puis me faire mettre

Je concède la première idée et je passe le bonjour à l'amie proche(à Baronz) qui m'a fait la même remarque.
Pour l'étude américaine-que-y'en-a-plein-et-qu'elles-font-toujours-rigoler-qu'ils-sont-fort-ces-américains j'ai entendu parler de 6 plutôt. Et Brad Pitt est beau, arrêtez votre char(il base toute sa sensualité sur le fait de bouffer n'importe quoi tout le temps en faisant plein de bruit et celui de s'essuyer les doigts après, quel génie).
À mon tour de livrer un témoignage(comment ça t'en as pas livré?) : un faux ami-je le concède-américain à moi possède plus de 1000 amis facebook, et quand je le lui en fait mention, il se défend assez humoristiquement en me jurant qu'il connait 95% de ses contacts. Et s'ensuit un espèce de dogmatisme à l'américaine sur tout le principe des réseaux sociaux que le damned frenchie ne peut tout bonnement pas comprendre. Merde alors. Ce mec m'impressionne clairement, il peut genre dire un truc du genre "fiou, fatigué ce soir" et ce, d'un seul coup, à un millier de personnes, genre trois fois par jour. Rien à foutre le mec! Je suis sûr en vrai il est super timide et tout (jamais vu, c'est une longue histoire). Big up.
Je suis par contre assez sur le cul par rapport à l'idée de en fait ne pas ignorer ou supprimer les gens qu'on ne connait pas mais plutôt de leur payer une mousse. Bordel! Pas con.

samedi 12 décembre 2009

Plus serieusement

Une amie, assez proche faut pas se leurrer, m'a fait reconnaitre qu'on tournait (déjà!) en rond, et que s'acharner doucettement sur les bons fils a papa c'est bien sympa, mais c'est lourd, déjà-vu, et ridicule quand on en est un.

Donc attaquons nous a du plus lourd, du plus sérieux, du plus scientifique, enfin bref: attaquons nous a la relative grandeur de notre monde.
Voila; n'importe qui, vous, moi, un autre, connait n'importe qui d'autre dans le monde, soit un paquet de milliard d'individus, par le biais de max. 5 personnes max. . Oui c'est une étude Américaine. Exemple: votre frère connait un amis qui a un cousin aux USA qui est le coiffeur personnel de Brad Pitt (toujours présent celui-la); vous, vous connaissez votre frère, et vous en venez a pouvoir être en contact avec Brad.
On s'en fout? Oui assez, ca sert pas a grand chose. Mais cette thèse inclut surtout les réseaux sociaux, qui permettent de 'connaitre' des personnes jamais vues, que l'on ne connait pas, mais qu'on affirme comme 'amis'.
Grâce aux sites sociaux, on peut se trimbaler des listes de centaines d'amis, -soit dit en passant que l'on n'a aucun rapports avec ces gens la-. Mais a côté de ca, exemple personnel (mais je crois ne pas être le seul), on ne dit même pas bonjour a son voisin de palier.
Oui alors vous me direz 'phénomène de mode, patati patata'.

Ouai bah quand même! On croit connaitre tout le monde grâce a de belles thèses et des réseaux sociaux, mais connaitre en un clic, faut pas déconner non plus!
Ce que je dis, c'est pas 'Arrêtez un peux avec vos concours de qui a la plus grosse liste de contact!', mais plutôt 'OK, rajoute quelqu'un en ami, mais parle-lui après, ca coute rien, et ca se trouve il est génial!'

Les lieux communs

L’écriture n’est en rien une question d’inspiration.
Cette notion, et tout ce qui peut s’en approcher, n’est qu’un leurre, inventé par les paresseux. Comme Baudelaire, je suis de ceux qui pensent que l’écriture n’est que le résultat d’un travail quotidien et assidu de retour sur soi même apportant a la réflexion .

Bon c’est pas le tout, on cause on cause mais on fait que étaler son peu de science avec une faible citation. Donc c’est ti-par. Musique.

En fait qui qu’on soit, on est continuellement sous l’influence de quelqu'un, de quelque chose; les medias -ou fusent critiques, avis, articles-, les pubs -ou fusent les ’models’ auxquels on devrait s’accorder-, l’entourage, -qui nous donne de ‘précieux’ conseils-,…
Donc on pense rarement seul.
D’ailleurs je suppose que toutes les idées que je peux avoir, en vérité je les tire de quelqu’un d’autre.

Et c’est comme ça qu’on en vient a des lieux-communs.
Oui, ces choses qu’il FAUT penser; il FAUT avoir adoré Fight-Club, Transpotting, Pulp Fiction et un pacquet d‘autre films devenus cultissimes auprès des animaux méchus qui ont dut les voir 2 fois,, ne pas aimer lire, ne pas aimer les maths, ni le Français, ni dailleurs tout ce qui peut s’approcher de pres ou de loin a l’Ecole, jouer les rebels tout en aillant l’iPhone en poche, et je vais pas vous faire toute la liste, car la connerie humain n’a pas de limites.
Ceux sont des lieux commune, et je peux vous assurer que y en a des centaines: allez donc faire un tour sur le profil Facebook d'un bourgeois typique, et regardez la liste de groupe -temoins de sa rebellion près-pubere- qu'il peut rejoindre, vous comprendrez...

Etre fan de 'TA GUEULE' a-t-il un sens? (mis a part celui de prouver combien on peut dire fuck a la societe quand papa assure le cout des etudes derriere?)

Quelques notions simples

"Obligé plus tard je vais faire le tour du monde"
"J'adore le classique"
"J'écoute de tout"
"Pour moi l'apparence ça compte pas vraiment"
"Je regarde jamais la télé"
"Brad Pitt il est pas si beau"
"Je lis beaucoup"
"Je suis une bouse en maths"
"L'argent ne fait pas le bonheur"
"Le hautbois c'est magnifique" (haha puissant celui là)
"Haha pitoyable ce lipdub des jeunes UMP"
"Mon film préféré? Fight Club. Ça critique trop de trucs en plus."

Est mise en avant ici la volonté de mise en valeur de sa personne par l'énonciation d'une caractéristique ou opinion à priori unique ou originale et qui est finalement commune à tout le monde. (y'a aussi juste des mensonges hahaha, à toi de discerner l'un de l'autre) (et à toi de te reconnaître aussi! mouahaha. On retiendra pas ça contre toi t'inquiète, on est pas comme ça ici.)

mercredi 9 décembre 2009

Si j'achetais des chaussures pointues

Nous le nommerons A. Son souhait le plus cher depuis sa divine enfance était sûrement d'être "comme papa". Aujourd'hui, il s'est quasiment réalisé, dans sa tête du moins (c'est le plus important, et le plus intéressant).
Il a du y passer du temps (et de l'argent). Mais ça se mérite d'être un daron bordel, même à 18 ans. Car oui, il ne préfère pas perdre de temps. En ce sens, il appartiendra plus vite à cette engeance de raclures n'ayant comme seul but que ce qu'on leur a toujours appris comme leur permettant de ne pas rester les éternels fils de riches pas racistes mais faut bien dire qu'ils profitent assez de notre pays pour s'acheter des clopes, merde, mais par exemple tu vois ça veut rien dire j'adore Obama : le prestige. Aaaah. C'est bien pour ça qu'ils font du droit.
Et le prestige de ce genre de vermine, ça s'achète : retenons quelques points caractéristiques.
Tout d'abord, l'apparence :
-Allons de haut en bas, et donc commençons par pour certains le plus intéressant : les cheveux. L'être humain a découvert depuis quelques années une coiffure formidable, réalisable sur n'importe quelle personne : nous l'appellerons communément la mèche. Le principe est simple : avoir l'air rebelle(un peu mal coiffé), et unique en son genre. Nous en tirerons deux conclusions : il faut passer un certain dans sa tête pour faire tenir les cheveux de cette façon et par ailleurs elle n'a plus qu'une connotation d'enfant bien sage ; si tu portes cette coiffure, tous tes amis aussi (et les autres te considèrent à raison dès le premier regard comme un fils de bourgeois complexé).
Cette coiffure quelque peu alternative (qui ne méritait pas tant de lignes mais comprends moi je me fais chier) peut être remplacée à votre bon plaisir par une coupe courte raie sur le côté pour les plus vieux jeu d'entre nous.
-l'individu peut porter des lunettes à très grosses montures (la marque tu la connais, ne ment pas, elle dispose d'un monopole chez les gros cons) rappelant...attends... ah oui si, grand-père!
-Des courtes pattes-daron entre les boutons d'acné pour souligner l'anachronisme latent.
-Ensuite les sujets peuvent varier, mais comprenons bien que les spécimens les plus intéressants sont les plus poussés. Par la même, je vous propose bien sûr une chemise blanche doublée d'un petit gilet de laine sans manches cachant une cravate de mise en toute circonstance, et ensuite dans un élan de surjeu nous garantissant un sourire quotidien (pouvant à la longue terminer en grande tristesse ou même en haine pure, c'est selon) un grand pardessus très holmesien descendant jusqu'aux chevilles dans une escalade d'incrédibilité. On peut aussi ici évoquer les protège-coudes, toujours classe.
-une grosse montre qui brille-mais-pas-trop (pour bien garder l'aspect sagesse-cuir)que papa m'a offert pour mes 18 ans parce que je suis un grand maintenant.
-un pantalon noir ou velours, ou de costard quand le trois pièces est de sortie, bien haut avec une belle ceinture en cuir derrière laquelle se fourre d'effroi la chemise susnommée.
-Et là nous en arrivons-en oubliant les fines chaussettes bleues à carreaux- à ce qui nous permet vraiment de parler d'art, doublé d'une hypocrisie et d'un surjeu à toute épreuve : les chaussures. Là par contre ce n'est plus de la rigolade, des chemises blanches ou autres ceintures de cuir encore admissibles chez un mec qu'avait plus que ça à mettre. Là on arrive à la sérieuse mouille du mec, le mec inexcusable, même dix ans après. Commençons par le plus soft : les mocassins. Le principe est simple, le mec vient en cours, et en fait à l'endroit où il y a normalement des chaussures il y a tout simplement des mocassins. Oui oui, des trucs en cuir carrés au bout, que t'enfiles, à l'aise. Attends. Ensuite, on va continuer doucement, arrivent les chaussures-bateaux. Alors évidemment tu me diras "mais pas les trucs que les darons ils mettent là avec les petits lacets et la couronne de coutures". Et moi de te répondre mais bien sûr que si. Mais ne t'inquiète pas, moi aussi je croyais que les vendeurs refusaient de les vendre au moins de 50 ans pour cause de maintien de l'ordre public, mais eux ils y arrivent, c'est fou. Ensuite, on attaque un cas bien plus généralisé le rendant bien plus grave que les autres : les chaussures pointues. Il faut savoir que tout ça est très récent, que à l'instar de la grippe A ou quelconque pandémie ce genre de fléau circule très vite. Elles peuvent être marrons clair, blanches, noir brillantes. Et une bonne moitié des étudiants de ma fac en ont, sans exagération. Oui oui, genre la chaussure continue en pointe alors que ton pied s'arrête avant, me demande pas ce que j'en sais j'ai toujours pas compris.
Évoquons ensuite les différents autres critères d'intégration à ces groupes répandus et très peu étudiés. En effet on constate plus globalement que ces individus s'inscrivent dans une génération de faces de brie pouvant être étendue à la gente féminine (mes connaissances ne s'y aventurent pas) mais surtout comprenant de nombreuses valeurs simples à retenir
-être high-tech : l'iPhone est un must. L'ordi assez aussi (oui, ils l'achètent souvent pour pouvoir porter une malette). Si pas d'iPhone, iPod obligatoire sans exception, signé par les parents.
-les fast-food font leur retour à la mode : MacDo se maintient, il y a une énorme montée en puissance des KFC, et il s'exerce également une généralisation des Starbucks (tout ceci dans une spirale mondialisante que nous n'évoqueront pas ici). Il faut d'ailleurs savoir sur ce point que le prix n'est pas un problème, et ce également pour toutes les notions évoquées ici. Plus étonnant, la qualité non plus! Le fils de riche est prêt à manger de la merde, on s'en fout ça a du prestige(récent). Bien loin l'attirance pour les restaus de luxe (et encore que, il y a encore des choses à dire dessus).
-Ce phénomène est principalement urbain, et par là même l'individu développe une certaine ignorance par rapport au reste (que ce soit le monde rural ou l'étranger... ils se valent). Cependant, ils ne rechignent pas à avoir un avis sur bon nombre de choses qui se passent dans le monde, et ce de manière à laisser croire qu'ils détiennent un avis réellement particulier et indépendant.
J'oubliais : c'est à se demander s'ils vont bientôt chez le coiffeur demander une calvitie.